STP 2012 Fr : le 17 octobre à Montpellier !

27 09 2009

Dans le cadre de la campagne internationale, « Stop Trans Pathologization 2012* », nous lançons un appel à touTEs les individuEs, associations, groupes et collectifs qui souhaitent voir, comme nous, la fin de la pathologisation des personnes trans’ et nous vous invitons à nous rejoindre le samedi 17 octobre à 14h sur la place de la comédie à Montpellier pour visibiliser cette cause.

En tant que signataires du manifeste du Réseau International pour la Dépathologisation Trans nous dénonçons publiquement, une fois de plus, la psychiatrisation de nos identités et la classification, pathologisante, du « trouble d’identité sexuel ou de genre » (TIG).

Car la psychiatrisation relègue aux institutions médico-psychiatriques le contrôle de nos identités et permet à celles-ci, motivées par des intérêts étatiques, religieux, économiques et politiques, d’enfermer les corps des personnes trans’ dans un binarisme stéréotypé « homme-femme », en faisant passer cette posture exclusive pour une réalité naturelle et « vraie ». Aujourd’hui, en dénonçant ce paradigme qui utilise la biologie et la « nature » pour justifier un ordre social beaucoup trop réducteur, nous souhaitons mettre en évidence les effets sociaux désastreux de telles pratiques, légales, sur les personnes trans’ et intersexuéEs.

Nous refusons cette réalité où les corps qui ne répondent pas anatomiquement à la classification médicale occidentale en vigueur sont catalogués sous  des termes pathologisants qui ne représentent en rien la réalité des personnes trans’ ou intersexuéEs : intersexualité et transsexualité.

Légitimer ces normes sociales, qui contraignent nos vécus et nos sentiments, implique d’invisibiliser et de pathologiser les  multiples options humaines possibles et de n’autoriser qu’un seul chemin qui ne questionne pas le dogme politique sur lequel se fonde notre société : l’existence, unique et exclusive, de deux  seules catégories  d’être et de sentir.

Cette invisibilisation, basée sur un ordre moral dépassé, se fait au prix d’opérations de stérilisations non-souhaitées et au prix d’interventions sur les nouveaux néEs intersexuéEs (néEs avec des organes génitaux atypiques mais fonctionnels) au moyen de traitements de normalisation violents et inhumains, comme pour effacer la possibilité de ces corps et refuser l’existence des différences.

Nous ne voulons pas nous adapter aux définitions psychiatriques d’« homme » et de « femme » pour pouvoir vivre nos identités, et pour que la valeur de nos vies soit reconnue sans avoir à renoncer aux diversités qui nous constituent.

Nous ne voulons obéir à aucun type de catalogage, ni d’étiquette, ni de définition institutionnalisées et nous réclamons notre droit à nous autodéterminer.

Pourtant, à l’heure actuelle, la transidentité est toujours considérée comme un « trouble de l’identité sexuelle », pathologie mentale classifiée dans la CIM-10 (Classification internationale des maladies de l’OMS) et dans le DSM-IV-R (manuel diagnostique et statistique des maladies mentales de l’Association américaine de psychiatrie). Ces classifications sont celles qui guident les psychiatres du monde entier au moment du diagnostic.

Et, depuis deux ans a débuté la révision du DSM-IV-R, lequel détermine les modifications à apporter à la liste des maladies de l’OMS. Ces derniers mois ont été rendus publics les noms des psychiatres qui décideront de l’avenir du trouble d’identité sexuelle. À la tête du groupe de travail sur le TIG se trouvent le Dr Zucker (directeur) et le Dr Blanchard, entre autres. Ces psychiatres, connus pour pratiquer des thérapies de « conversion » auprès des homosexuelLEs, des transsexuelLEs et liés aux cliniques pour enfants intersexuéEs, proposent non seulement de ne pas retirer le « trouble » de la liste mais aussi d’élargir son traitement aux enfants présentant des comportements de genre hors normes en leur appliquant des thérapies de réadaptation au « rôle d’origine ».

Nous adressons directement à la classe politique des demandes claires :

– Nous revendiquons le droit de pouvoir changer de prénom pour nos documents officiels sans avoir à passer par un quelconque examen médical ou psychologique. Nous pensons résolument que l’Etat ne devrait disposer d’aucune compétence s’agissant de nos prénoms, nos corps et nos identités.

– Nous faisons nôtres les discours du mouvement féministe et la lutte pour le droit à l’avortement et pour celui de disposer de son propre corps ; nous revendiquons le droit de décider librement si nous voulons ou ne voulons pas modifier notre corps et de pouvoir le faire sans lourdeurs bureaucratiques, politiques et économiques. Nous exigeons aussi l’arrêt des opérations « normalisatrices » sur les nouveau-nés intersexués.

– Nous dénonçons l’extrême vulnérabilité et les difficultés d’accès au marché du travail des personnes transgenres, transsexuelles et genres fluides. Nous exigeons des garanties d’accès au monde du travail et la mise sur pied de politiques spécifiques destinées à mettre un terme à la marginalisation et à la discrimination de ces personnes.

Cette situation de vulnérabilité est encore plus accentuée dans le cas des personnes trans’ migrantes, qui arrivent dans notre pays en fuyant des situations d’extrême violence. Nous exigeons l’attribution immédiate de l’asile politique à ces personnes tout en revendiquant la pleine égalité des droits pour les personnes migrantes.

– Même si nous clamons haut et fort que nous ne sommes pas victimes mais maîtreSSEs de notre propre identité, nous voulons rappeler toutes les agressions, assassinats et aussi suicides de personnes trans’ causées par la transphobie. Nous tenons le système binaire hétérosexiste pour responsable de ces violences. Le silence est complice.

Enfin, nous annonçons que le Réseau International pour la Dépathologisation des Identités Trans a mis en place une coordination mondiale avec comme premier objectif : le retrait de la transsexualité du DSM en 2012. Un premier pas vers la diversité, un premier coup à la transphobie.

Pour la diversité de nos corps et de nos identités, nous vous invitons à nous rejoindre le samedi 17 octobre à 14h place de la comédie à Montpellier !

http://stp2012.wordpress.com/

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